Gastronomie

Marie-Thérèse Mora : Portrait d’une mère lyonnaise au cœur de la Croix-Rousse

31 mai 2026 · 16h502 min de lecturePar Sabrina
découvrez la beauté et la force du rôle de la mère, un pilier d'amour, de soutien et de protection dans la vie de chaque famille.

Portrait vivant d’une figure de la Croix-Rousse, Marie-Thérèse Mora a tenu un petit bouchon qui a marqué tout un quartier. Sa cuisine généreuse et sa bonhomie ont fait du Comptoir des Bressans un lieu culte connu sous le nom de Chez Marie-Thé. Aujourd’hui son nom fleurit sur un jardin et sur la façade, preuve qu’on n’oublie pas les vraies voix du quartier.

Marie-Thérèse Mora à la Croix-Rousse : naissance, terroir et premiers métiers

Née le 1er mai 1933 à l’ancien Hôpital de la Charité, Marie-Thérèse Fromant a grandi entre ville et campagne où elle a appris les produits du terroir. Elle a travaillé comme coiffeuse à Saint-Marcellin puis vendu des fruits et légumes à Cucuron, expériences formatrices pour une future mère lyonnaise. Ce parcours explique sa maîtrise des légumes, des volailles et des poissons si prisée dans ses assiettes.

Chez Marie-Thé : le comptoir, la cuisine de 5 heures et la clientèle fidèle

Dès 5 heures du matin, dans une cuisine de trois mètres carrés, Marie-Thé préparait rillettes et plats du jour pour balayeurs, forains et couche-tard. Après un passage au marché de la boulevard de la Croix-Rousse, elle revenait au comptoir pour servir des plats roboratifs comme les ris de veau ou le coq au vin. L’accueil mêlait bises humides et poignées de mains, un vrai rituel qui forçait l’attachement des habitués.

En 1959 elle épouse Guy Mora et suit un temps la vie de militaire jusqu’au Maroc où elle sert dans des cafés. De retour en 1966 le couple achète le 12 rue Ozanam et ouvre le Comptoir des Bressans, puis la séparation permet à Marie-Thé de prendre pleinement la main en cuisine. Elle passe de serveuse à cheffe du coin, et c’est là qu’elle forge sa légende.

Héritage durable : plaque, jardin et la résurgence de Marie-T

Après son décès en 2002, une plaque hommage est posée sur la devanture en 2003 et un jardin proche porte désormais le nom de Marie-Thé Mora. Le restaurant a vécu plusieurs vies sous les noms Le Gargagnole et O’Perchoir durant la pandémie, avant qu’en 2024 Corinne Ricci ne lui rende son âme en choisissant Marie-T. La carte retrouve des plats que Marie-Thé aimait préparer, comme la tête de veau, pour faire vivre la mémoire gourmande du lieu.

En décembre 2025 une journée hommage a réuni anciens habitués et proches, la sœur de Marie-Thé étant très émue lors des retrouvailles. Ces commémorations montrent que l’empreinte d’une mère lyonnaise se mesure autant aux plats qu’à la chaleur humaine qu’elle laissait sur son comptoir. Le vrai héritage reste cette atmosphère que la Croix-Rousse continue de cultiver, assiette après assiette.

Source: tribunedelyon.fr

Partager cet article :

Encore un tour en ville ?

Continue avec les derniers sujets locaux publiés par la rédaction.

Retour au fil

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *