Cinq personnes supplémentaires ont été mises en examen jeudi 24 septembre dans l’enquête judiciaire sur la mort de Quentin Deranque, survenue à Lyon en février. Trois ont été placées en détention provisoire, tandis que deux autres sont sous contrôle judiciaire : le dossier compte désormais 14 personnes mises en examen.
Ces nouvelles poursuites concernent des faits de violences et la participation présumée à une association de malfaiteurs. Selon les éléments communiqués par le parquet, les cinq personnes ne sont pas soupçonnées d’avoir porté les coups mortels au jeune militant d’extrême droite radicale.
Mort de Quentin Deranque à Lyon : cinq nouvelles mises en examen
Huit personnes avaient été interpellées mardi dans l’agglomération lyonnaise, à la demande des trois juges d’instruction chargés de l’affaire judiciaire. À l’issue des gardes à vue, trois ont été remises en liberté sans poursuite à ce stade ; les cinq autres ont été présentées aux magistrats jeudi.
Le procureur de Lyon, Thierry Dran, a indiqué que les cinq étaient mises en examen pour participation à une association de malfaiteurs en vue de la préparation d’un délit. Quatre sont également poursuivies pour violences aggravées, commises en réunion, avec usage ou menace d’une arme et dissimulation du visage. Les premières informations sur cette nouvelle étape sont également rapportées par TF1 Info et Ici Auvergne-Rhône-Alpes.

Détention provisoire et contrôle judiciaire : les décisions de justice
Parmi les cinq personnes mises en examen, trois ont été placées en détention provisoire par une juge des libertés et de la détention, conformément aux réquisitions du parquet. Les deux autres ont été placées sous contrôle judiciaire.
Les avocates des deux personnes détenues contestent les décisions et la portée des faits reprochés à leurs clientes et clients. L’avocate d’un homme de 26 ans affirme qu’il n’est pas poursuivi pour des faits commis sur Quentin Deranque, mais pour des faits liés à des affrontements en marge ; celle d’une femme de 24 ans juge son placement en détention disproportionné. Ces décisions ne préjugent pas de l’issue de l’instruction.
| Étape de la procédure | Nombre de personnes | Éléments connus |
|---|---|---|
| Interpellations de mardi | 8 | Arrestations dans l’agglomération lyonnaise |
| Remises en liberté | 3 | Sans poursuite à ce stade |
| Nouvelles mises en examen | 5 | Association de malfaiteurs ; violences aggravées pour quatre d’entre elles |
| Mesures de sûreté | 3 et 2 | Trois en détention provisoire, deux sous contrôle judiciaire |
| Total des personnes mises en examen dans le dossier | 14 | Neuf premières mises en examen, puis cinq nouvelles |
Une enquête judiciaire liée aux affrontements du 12 février
Le 12 février, Quentin Deranque, âgé de 23 ans, accompagnait des militantes du collectif identitaire Némésis venues protester contre une conférence de l’eurodéputée LFI Rima Hassan à Sciences Po Lyon. À proximité, des militants d’ultragauche étaient également présents, parmi lesquels des membres ou proches de la Jeune Garde, mouvement fondé à Lyon en 2018 par Raphaël Arnault.
Les deux groupes se sont affrontés. D’après les vidéos de la scène évoquées dans les premiers éléments de l’enquête, Quentin Deranque s’est retrouvé isolé et à terre, puis a été frappé par plusieurs personnes encagoulées. Victime d’un grave traumatisme crânien, il est mort deux jours plus tard. Une chronologie des événements et de leurs suites est aussi proposée dans ce récapitulatif local de l’affaire à Lyon.

Neuf premières mises en examen, puis cinq nouveaux suspects
Les premières vagues d’interpellations ont eu lieu les 17 et 18 février, puis le 4 mars. Neuf hommes, alors âgés de 20 à 26 ans et présentés comme membres ou proches de la Jeune Garde, avaient été mis en examen pour meurtre ou complicité. Certains ont reconnu avoir porté des coups à Quentin Deranque ou à d’autres personnes, tout en niant avoir voulu le tuer, selon les déclarations rapportées à l’époque par le parquet.
Les cinq nouvelles mises en examen portent le nombre de personnes poursuivies dans cette procédure à 14, mais les soupçons qui pèsent sur elles diffèrent de ceux visant les premiers mis en cause. Les enquêteurs les soupçonnent d’avoir pris part aux rixes et aux violences de la journée, sans leur attribuer les coups mortels, selon une source proche du dossier. Le point sur les huit interpellations et leur suite judiciaire est également détaillé par Le Monde.
- 12 février : affrontements près de Sciences Po Lyon ; Quentin Deranque est grièvement blessé.
- Deux jours plus tard : le jeune homme meurt des suites d’un traumatisme crânien.
- Février et début mars : neuf hommes sont mis en examen pour meurtre ou complicité.
- 24 septembre : cinq personnes supplémentaires sont mises en examen après huit interpellations.
Un dossier politiquement sensible toujours en instruction
La mort de Quentin Deranque a provoqué de vives réactions politiques. Une minute de silence a été observée à l’Assemblée nationale le 17 février, avant un rassemblement organisé à Lyon en hommage au jeune homme. L’extrême droite et la droite ont mis en cause des responsables insoumis, tandis que l’enquête doit établir les responsabilités individuelles à partir des faits et des éléments recueillis.
En parallèle, le parquet de Lyon a ouvert une enquête préliminaire sur des violences attribuées à des militants d’ultradroite le même jour. D’autres procédures ont aussi été signalées dans la région, dont la mise en examen d’un adolescent soupçonné d’avoir envisagé une attaque contre un lycée et l’incarcération de quatre jeunes accusés d’une agression raciste en centre-ville. Ces dossiers distincts illustrent le climat de tension autour de l’affaire, sans se confondre avec l’instruction sur la mort de Quentin Deranque.
La suite de l’enquête judiciaire devra préciser le rôle de chacun dans les affrontements et déterminer les responsabilités pénales. À Lyon, la justice poursuit son travail sur un dossier où les faits établis, les accusations et les prises de position politiques doivent rester clairement distingués.
Source: fr.news.yahoo.com



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