Louis Baldasseroni : ยซ Contrairement aux idรฉes reรงues, la voiture a moins faรงonnรฉ Lyon quโon ne lโimagine ยป
Une rรฉรฉvaluation de lโimpact de la voiture sur l’urbanisme lyonnais selon Louis Baldasseroni
Derriรจre lโimage dโune ville profondรฉment modifiรฉe par lโautomobile, le regard de Louis Baldasseroni offre une perspective plus nuancรฉe. ร premier abord, on pourrait croire que Lyon a รฉtรฉ dรฉchirรฉe et remodelรฉe par la prolifรฉration des voitures, ร lโimage dโautres mรฉtropoles franรงaises. Pourtant, sa dรฉmonstration dรฉmontre que lโhistoire de la circulation dans la capitale des Gaules est bien plus complexe, mรชlant choix politique, enjeux รฉconomiques et dynamiques sociales.

Les nuisances automobiles : un phรฉnomรจne bien ancien
Ce quโon accepte souvent comme une รฉvolution rรฉcente, ร savoir la nuisance liรฉe aux transports, existait dรฉjร au dรฉbut du XXe siรจcle. Les lyonnais des annรฉes 1900-1910 dรฉnonรงaient dรฉjร le bruit des poids lourds, les fumรฉes noires ou encore les klaxons qui perturbaient la vie quotidienne. Selon Louis Baldasseroni, ces tensions croisaient une mรฉfiance ancrรฉe envers une nouvelle mobilitรฉ qui, ร lโรฉpoque, semblait plus dรฉstabilisante quโutile.
Les premiรจres contestations sโappuyaient davantage sur lโimpact visuel ou sonore que sur la pollution de lโair telle quโon la perรงoit aujourdโhui. Ces conflits tรฉmoignent dโune รฉvolution dans la perception des enjeux urbains, oรน le rapport ร lโespace public changeait dรฉjร radicalement.
Les premiรจres initiatives de piรฉtonisation : un enjeu รฉconomique avant tout
Les initiatives visant ร limiter la domination automobile dans Lyon dans les annรฉes 1970 nโavaient pas tout ร voir avec la gestion des mobilitรฉs durables. La plupart des opรฉrations de piรฉtonisation, comme celles des rues de la Rรฉpublique ou Victor-Hugo, sโinscrivaient dans une logique de soutien ร la vie commerciale. Lโobjectif รฉtait de crรฉer des ยซ oasis ยป oรน les piรฉtons pouvaient flรขner sans crainte des voitures, une stratรฉgie qui visait surtout ร prรฉserver le commerce face ร la montรฉe des centres commerciaux pรฉriphรฉriques.
Ce contexte montre que la prรฉservation du patrimoine ou la valorisation touristique nโรฉtaient pas prioritaires ร cette รฉpoque. La logique รฉconomique dominait largement, mรชme si ces mesures ont contribuรฉ ร modifier en partie le tissu urbain lyonnais.

Une ville peu faรงonnรฉe par l’automobile : un regard historique
Contrairement ร dโautres grandes mรฉtropoles franรงaises comme Marseille ou Paris, Lyon a conservรฉ une architecture urbaine relativement prรฉservรฉe. Les projets dโautoroutes ont รฉtรฉ rares et, surtout, peu construits dans le cลur historique. Le passage de la DDE dans les annรฉes 1970, avec sa vision dโurbanisme autoroutier, nโa pas รฉtรฉ entiรจrement appliquรฉ ร Lyon, qui a รฉvitรฉ le schรฉma de la ville envahie par des voies rapides.
Louis Baldasseroni rappelle que le remplacement progressif des tramways par des autobus, entre autres, sโest surtout fait pour rรฉpondre ร une demande interne aux transports en commun, sans que la voiture ne devienne une prรฉsence envahissante dans le centre-ville. Une distinction essentielle qui remet en question lโidรฉe dโun Lyon ยซ saturรฉ ยป par la voiture.
| Facteurs dโamรฉnagement urbain | Objectifs initiaux | Rรฉalisations concrรจtes |
|---|---|---|
| Abandon des tramways | Optimiser la circulation de bus | Transition progressive de tram ร bus |
| Projets autoroutiers | Amรฉliorer la connectivitรฉ | Rares et finalement peu rรฉalisรฉs |
| Piรฉtonnisation | Soutenir le commerce et le patrimoine | Crรฉation de zones piรฉtonnes dans le centre historique |
Ce tableau illustre que, malgrรฉ quelques projets, Lyon nโa pas รฉtรฉ totalement modelรฉe par la voiture comme dโautres villes franรงaises. La gestion urbaine a plutรดt cherchรฉ ร รฉquilibrer transport individuel et vie locale.
Les idรฉes reรงues sur la domination automobile ร Lyon
Les analyses de Louis Baldasseroni dรฉtricotent la lรฉgende selon laquelle la voiture aurait envahi la ville de maniรจre silencieuse mais inรฉluctable. Il insiste sur le fait que lโurbanisme lyonnais, dรจs ses origines, a รฉtรฉ influencรฉ par une volontรฉ collective de prรฉserver certains espaces et รฉviter lโurbanisation anarchique ou dรฉstructurante. La reconstruction du centre-ville aprรจs la Seconde Guerre mondiale a รฉtรฉ pensรฉe pour conserver le tissu historique, limitant ainsi lโimpact dโune mobilitรฉ motorisรฉe dรฉbridรฉe.
Les controverses sont souvent alimentรฉes par des incidents ou des accidents, comme celui de Tassin en 2026, qui ont mis en lumiรจre la nรฉcessitรฉ dโun rรฉรฉquilibrage des mobilitรฉs. Pour รฉviter ces drames ou engorgements, la ville a progressivement mis en place des stratรฉgies visant ร rรฉduire la place des voitures, notamment en favorisant le vรฉlo ou la marche, comme discutรฉ dans ce rรฉcent bilan de mobilitรฉ lyonnais.

Source: tribunedelyon.fr









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